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E. Macron, la machine à remonter le temps

Publié en juin 2015

Quand le mot « modernité » veut dire en réalité « retour vers le passé ». Le bluff sémantique est à son comble dans l’interview récent du ministre sur la réforme du marché du travail (Emmanuel Macron, Les Echos, 17/06/2015)

 

Que dit-il au juste ? Il dit que la reprise annoncée nécessite une aide à l’investissement et aux embauches. Admettons. Mais comment se peut-il qu’au moment où le ministre s’attend à un gonflement des carnets de commandes des entreprises, il lui faille mettre en « confiance » les employeurs par une simplification des modalités de licenciement (y compris en limitant les risques pécuniaires aux Prud’hommes) ? La fameuse reprise serait-elle aussi fragile que cela et pourquoi ?

 

L’autre mystification tient à la fausse révérence que le ministre fait en défense du CDI.  « Il n’y a pas assez d’embauche, dit-il, et en particulier en CDI ». Pour immédiatement ajouter « Il faut pour remédier à cela que les entrepreneurs sachent comment faire si leur situation se dégrade ». Un CDI oui, mais un CDI « light ».

 

La modernité du ministre consisterait-elle à recycler le vieux projet d’un gouvernement précédent ? On pourrait en effet se méprendre : « Comme on a un contrat à durée indéterminée (CDI) compliqué tout le monde va en contrat à durée déterminée (CDD) ou en intérim ». Il faut donc « aller vers un contrat qui soit meilleur pour tout le monde (…) L’idée c’est de généraliser un CDI » (Jean-Louis Borloo, 2006). Et la patronne du Medef de surenchérir à l’époque : « Le motif réel et sérieux de la collaboration serait donc déterminé à l’avance, inscrit dès la rédaction du contrat de travail (…) L’achèvement du contrat ne donnerait lieu à aucune procédure particulière, si ce n’est sa notification au salarié » (Besoin d’air, Ed. du Seuil). Un CDI « généralisé » qui ressemblerait plutôt à un CDD !

 

C’est la même ruse employée aujourd’hui.  Quand l’actuel ministre  explique : « Comment ? D’abord plus de flexibilité négociée (…) Ces réformes réduiront les incertitudes liées au CDI et donc faciliteront les embauches. C’est la condition pour faire progressivement du CDI le vrai contrait unique ». Mais alors pourquoi, dans cet élan de générosité, autoriser deux renouvellements consécutifs pour les CDD si ce n’est pour transformer demain le vrai CDD en faux CDI ?

 

Finalement, une autre constante transparaît au travers de ces similitudes à 9 ans d’intervalle. C’est de toujours présenter les risques économiques comme une fatalité et d’en faire payer l’addition aux seuls salariés. Qu’il s’agisse de la violence de la compétition entre entreprises, des risques de marché, des crises financières, de l’incompétence de l’employeur ou de la simple quête d’un profit plus élevé… c’est aux salariés d’en assurer le coût par le recul de leurs droits (le ministre dirait « modernisation »). Tout est figure imposée sauf le sort et les droits des salariés. Mais auront-ils la nuque aussi souple encore longtemps ?

 

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