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Emploi : l’optimisme excessif du gouvernement

Publié en juin 2014

De quoi sont faites les prévisions gouvernementales ? La question mérite d’être posée à l’aune des derniers mois. Qu’on en juge : annonce de la reprise économique, annonce de la réduction du chômage, annonce d’un pacte avec les entreprises pour créer des dizaines de milliers d’emplois… Mais d’où peuvent sortir de pareilles anticipations ?

Pratiquement toutes les branches sont touchées par d’importants plans de concentration et de restructuration se soldant par des réductions d’effectifs, des synergies et des gains de productivité. Où peut bien être le gisement de création d’emplois ? La pression sur les salaires, la réduction des dépenses publiques jusque dans les secteurs socialement utiles (santé, aménagement) réduit l’activité d’un certain nombre de secteurs industriels. La baisse des charges accordée aux entreprises n’a toujours pas débouché sur une reprise de l’investissement. Les sondages auprès des chefs d’entreprise montrent qu’ils ne croient guère à la reprise et qu’ils n’embaucheront que si leurs carnets de commandes se gonflent un jour.

Tout indique par ailleurs que s’il y a une légère reprise d’ici quelques mois, celle-ci sera sans création d’emplois. La raison en est la sous-utilisation actuelle des capacités de production ainsi que la recherche ininterrompue de gains de productivité par les grandes entreprises et la poursuite de leur internationalisation.

L’intérim qui est toujours un indicateur avancé d’une reprise d’activité n’est lui-même guère florissant comme le montre le graphique suivant.

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Source: Dares

La baisse des charges est-elle efficace ?

Pour le moment rien n’indique que les diverses ristournes faites aux entreprises ont une conséquence notable sur l’investissement et l’emploi. Au Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE) de 20 milliards d’euros, se sont ajoutés 10 milliards d’euros de baisse de cotisations, pour parvenir d’ici 2016 à une réduction de 30 milliards du coût du travail, et d’ici 2017, 10 milliards de baisse de la fiscalité des entreprises. Même s’il est trop tôt pour en tirer le bilan, les premiers effets semblent pour le moment se résumer à une simple amélioration de la marge des entreprises. Le risque est donc grand d’un simple effet d’aubaine, comme cela a été pointé par nombre d’analyses, y compris le Haut Conseil des finances publiques (HCFP) dans son rapport d’avril dernier.

À fin février, le cumul sur 12 mois du nombre de défaillances d’entreprises s’est élevé à 63 189, soit une hausse de 3,7 % par rapport à février 2013, surtout le fait de très petites entreprises (TPE) souffrant de la faible demande des ménages. 16.446 entreprises sont en cessation de paiement au premier trimestre de cette année, comme en 2009 au moment du pic de la crise financière.

Mais une autre cause de ces défaillances est à chercher du côté du système bancaire. Un sondage récent auprès des TPE montrait leur difficulté pour obtenir les crédits demandés. Face à la dégradation de leur trésorerie due largement à la baisse d’activité, ces entreprises se voient trop souvent refuser des crédits ou des découverts supplémentaires (Les Echos, 17/04/2014). On a un double effet de la crise, côté demande et côté financement.

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Source : Banque de France – Factamedia.

L’emploi de plus en plus précaire

Tout cela n’empêche pas les déclarations fracassantes sur la sortie de crise. Pas même les anticipations de l’Unedic, lui-même, qui annonce une croissance maintenue du chômage. Selon l’organisme, en se basant sur l’hypothèse d’une croissance de 0,8% en 2014 et de 1,3% en 2015, il faudra compter 103.200 chômeurs de catégorie A en plus en 2014 et 60.000 en 2015. N’est-ce pas d’ailleurs trop optimiste puisque ces projections intègrent l’effet emploi du pacte de responsabilité ?

Autant que les plans de licenciement (nombreux), le nombre de demandes de ruptures conventionnelles est désormais un bon indicateur de l’emploi. Le niveau moyen mensuel reste au-dessus des 25.000 de manière très stable et le taux de refus de l’administration demeure très stable autour de 6%.

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Source : Dares

 Le CDD marqueur de la crise sociale

Alors qu’il est question de sortie de crise, de négociation par branche des contreparties « emplois » contre allègement de charges, le marché du travail indique une toute autre tendance. Le CDI se fait toujours aussi rare. Au quatrième trimestre 2013, la part des contrats à durée déterminée (CDD) dans les embauches a atteint son plus haut niveau constaté jusqu’alors. Près de 84% selon les chiffres dévoilés le soir du 30 avril par le ministère du Travail. Depuis la mi-2011, le recours à ces contrats a régulièrement augmenté (au 1er trimestre 2008, les embauches en CDD étaient de 70%).

Selon le service statistique du ministère du Travail, le CDD a été la norme, quelle que soit la taille de l’établissement. Le recours à ce type de contrats a augmenté de 0,3 point dans les structures de 10 à 49 salariés, et de 0,7 dans celles de 50 salariés et plus. C’est dans l’industrie que la part des contrats courts dans le total des embauches a le plus augmenté: de 1,4 point, contre une hausse de 0,8 point dans le tertiaire. La construction est allée à contrecourant, avec une baisse de 3,2 points.

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