Les clés pour anticiper au service des élus, des CE et des CHSCT

Le Medef aux avant-postes de la politique sociale

Publié en octobre 2013

Représentant des « entreprises de France », c’est ainsi que le Medef se présente, considérant au passage les deux syndicats patronaux (Confédération Générale des Petites et Moyennes entreprises, CGPME et l’Union Professionnelle  Artisanale UPA) comme quantité négligeable. Ne dit-on pas que le président du Medef est le « patron des patrons » ? Et c’est même sans gêne que le nouveau président, Pierre Gattaz, affirme « Avec nos salariés, nous parlons pour 20 millions de français ». Rien que ça !

L’ère Gattaz sera donc à peu près identique à l’ère Parisot avec ses discours démagogiques et paternalistes : « J’ai coutume de dire que l’entreprise est la cellule humaine la plus importante et la plus belle après la famille ». Et ses revendications brutales et sans fard : un transfert en 5 ans de 50 milliards d’euros de cotisations sociales vers des mécanismes de type TVA et CSG et une baisse des prélèvements obligatoires de l’ordre de 50 milliards d’euros, en impôts divers et taxes. Pourquoi d’ailleurs se forceraient-il à plus de sophistication puisque tout ce qu’ils demandent, ils l’obtiennent – hier et aujourd’hui ?

Contrairement aux affirmations de ses dirigeants, le Medef ne parle ni au nom des « entreprises » en général, ni au nom de la collectivité, il parle au nom de la position sociale de ses dirigeants et des actionnaires qui leur donne mandat. Seulement voilà, leur voix a beaucoup plus de poids auprès des gouvernements que celle des salariés. S’ils répètent sans arrêt qu’en France « ils ne sont pas aimés », en tout cas ils sont très écoutés et très suivis !

Le Medef, « l’entreprise France » ?

Pour se déjouer de toute cette propagande regardons qui est représenté au Conseil Exécutif du Medef : Radiall (Pierre Gattaz), Laboratoires Boiron (Patrick Caré), BNP Paribas (Marie-Claire Capobianco), Renault (Patrick Blain), Plastic Omnium et Veolia Transdev (Anne-Marie Couderc), PSA (Frédéric Saint-Geours) Arkema (Philippe Goebel), Ernst&Young (Jean-Pierre Letartre), Virgin France (Geoffroy Roux de Bezieux), Accenture (Christian Nibourel), Assurances Generali (Claude Tendil), Eramet (Catherine Tissot-Colle),  Dedienne Aérospace (Jean-Claude Volot), groupe Acadomia et Shiva (Maxime Aiach), ONET (Gilles Lafon), Aqoba (Thibault Lanxade), etc.

Sur les 45 membres, il y a bien sûr des représentants régionaux et de certaines branches qui viennent de la moyenne entreprise, mais à la vue de cette première liste comment ne pas voir que syndicat patronal fonctionne d’abord comme le syndicat des grandes firmes ? Or la fameuse « compétitivité » c’est aussi de la compétition. Compétition entre toutes ces entreprises pour le partage des marges ! Drôle de syndicat donc où l’on assiste à de régulière tension par exemple entre la Fédération de la grande distribution (FCD) et celle  des industries alimentaires (ANIA) qui fournissent la première. Ou des échanges d’amabilité comme celle-ci entre la Plasturgie et la Pétrochimie : « Les pratiques que les transformateurs subissent depuis 12 mois, de la part des fournisseurs de matières premières et de leurs clients, étranglent les plasturgistes (…) Les groupes de chimie annoncent des résultats et des marges record, se félicitant  d’avoir fait passer les hausses auprès de leurs clients » (Dossier de presse FD de la Plasturgie, 2011).

Et qu’apprend-t-on dans le même ordre d’idée ?  D’après la revue Challenges du 18 juillet de «  plus en plus de grands groupes demandent aux PME de leur reverser tout ou partie du crédit d’impôt compétitivité emploi. Voici comment elles peuvent se défendre » ! C’est le médiateur des relations inter-entreprises, Pierre Pelouzet qui le dit.  De plus en plus de grands groupes réclament à leurs fournisseurs, généralement des PME, de leur reverser tout ou partie du crédit d’impôt compétitivité emploi. « Ce chantage peut prendre trois formes : d’abord, une forme directe, quand la grande entreprise explique au fournisseur qu’il va toucher le CICE, et qu’elle lui demande, à ce titre, de lui faire une remise de quelques pour cent (généralement 2%) sur ses prix de vente. La forme peut être indirecte, quand le commanditaire exige un « gain de productivité de 2% », en précisant que cet effort pourra être compensé par le CICE. Enfin, un « plan de réduction des coûts » peut être invoqué, avec, à la clé, la même demande de baisse de prix ». Le journal Le Parisien a d’ailleurs publié des exemples de lettres allant dans ce sensenvoyées par les grandes entreprises à leurs fournisseurs. Le médiateur ajoute que d’autres types d’aides sont également concernés, comme les allègements sur le coût de la main d’œuvre. Les secteurs dans lesquels cette pratique est la plus répandue seraient la santé, l’énergie, l’automobile et le BTP.

Diable ! Cela voudrait-il dire que des entreprises ne sont seulement « étranglées » par le code du travail et les charges sociales ?  Comment se fait-il que Pierre Gattaz et le Medef n’aient toujours pas pris à bras le corps cette terrible nouvelle sur le triste sort des PME dans notre pays ?

Pour rire un peu

La plupart des déclarations publiques du Medef font froid dans le dos et questionnent souvent l’intelligence. Pierre Gattaz, le nouveau président reprend ainsi les balourdises de Laurence Parisot sur la victimisation des chefs d’entreprise :

« (L’entreprise) est un lieu de développement personnel, d’intégration sociale, de dignité humaine par le travail individuel et collectif (…) Etre entrepreneur, c’est être capable d’oser, c’est affronter le risque, les incertitudes, non pas comme un casse-cou inconscient, mais comme un découvreur, un bâtisseur, un visionnaire. Je dis toujours que les chefs d’entreprise sont des héros. Mesdames et Messieurs, vous êtes des héros. (…) Et de cela, le pays devrait vous être profondément reconnaissant. Alors, je veux que le MEDEF porte haut et fort cette audace créatrice qui fait tant défaut à notre pays. Non pas que nous en soyons incapables, mais toute notre société nous pousse au renoncement facile qui est le début du déclin».

Ou encore la thèse de la « complexité volontaire » et le nombre de pages du code du Travail qui « terrorise » les entreprises. Une question nous brûle les lèvres…Pourquoi le Medef ne reproche-t-il pas au Code du commerce (Dalloz 2013) de faire 3.552 pages, aux Codes comptable général et droit comptable de totaliser 872 pages et au Code des impôts d’atteindre 3.552 pages ? Curieux non ? Pourquoi la complexité serait affaire de goût et seulement illogique quand il s’agit du contrat de travail ?

 « Nos entreprises sont ligotées par un environnement législatif et réglementaire qui se complexifie tous les jours. Nous avons 85 codes, dont 3 qui font plus de 3000 pages. Notre Code du travail compte 3200 pages et augmente de 50 à 100 pages par an. Comment voulez-vous qu’un chef d’entreprise ou même un salarié s’y retrouve ? Enfin, nos entreprises sont terrorisées par un code du travail trop complexe qui génère la peur d’embaucher. Trop de codes, trop de lois bavardes et contraignantes, trop de règlements inutiles et tatillons, trop de complexité… Tout cela ne peut plus durer, ne doit plus durer » (discours d’investiture de P. Gattaz).

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