Les clés pour anticiper au service des élus, des CE et des CHSCT

Les éditorialistes du dimanche

Publié en octobre 2013

En quelques jours, il y a eu un torrent de commentaires sur l’ouverture des commerces aux heures de nuit et le dimanche. Des diatribes plutôt que des analyses,  contre les syndicats, sur le conservatisme du droit social et sur l’incroyable « chance » que raterait la France en passant à côté de cette consommation dormante et non réalisée à cause des restrictions d’ouvertures des commerces. Exemple parmi des dizaines d’autres, L’Express : « les syndicats français sont nuls. Nuls, on le voit avec cette affaire Sephora, déplorable. Les commerçants veulent ouvrir, les salariés veulent travailler, les clients veulent venir dans les magasins à des heures inhabituelles, que ce soit le dimanche ou tard le soir… et évidemment, il y a toujours un syndicat pour être pointilleux et jouer le respect stupide du droit, jouer l’acquis social indu contre la croissance, contre l’économie, contre l’emploi, contre la prospérité. C’est contre cela qu’il faut se battre».

On piaffe d’impatience d’en connaître la démonstration. Hélas rien ne vient. Par contre quelques jours après, Ikea – dont les magasins sont souvent ouverts les dimanches et proposant une nocturne les vendredis soirs – annonce une baisse historique de ses ventes. Il affiche un recul des ventes de 4,3% lors de son exercice 2012/2013 avec une baisse de fréquentation (passée de 52 à 50 millions de personnes). Son PDG déclare à cette occasion : «La confiance des Français est entamée, ainsi que leur pouvoir d’achat. Et le secteur de l’ameublement est dépendant du marché de l’immobilier » lui-même atone.

A écouter les éditorialistes, pour ne pas passer à côté de ce formidable gisement de croissance que représente le commerce après 21 heures, du dimanche ou autre, Ikea devrait donc ouvrir tous les jours de la semaine jusqu’à minuit ! Sauf que le diagnostic du PDG d’Ikea lui-même n’est pas celui-là. Dans sa position, il lui est de toute manière difficile de poser la question des amplitudes horaires. Et du coup, il dit la vérité : problème de pouvoir d’achat. Toutes nos expertises dans le commerce attestent de cette réalité : érosion des taux de fréquentation, baisse du ticket moyen de passage en caisse, course à la baisse des prix pour garder ses parts de marché…mais cette expertise-là – celle que nous menons aux côtés des comités d’entreprise du Commerce – n’intéresse évidemment pas les analystes médiatiques.

Une société plongée dans la crise et dans le chômage n’est donc pas « en manque » de vitrines éclairées ! C’est hélas le contraire. Mais comme les médias se gardent bien de soulever la question du temps de travail, du « vivre ensemble », du temps socialement nécessaire à faire autre chose que de travailler etc., ils se rabattent sur le « contre-sens économique » que constituerait (comme le dit Le Figaro) le « couvre-feu » syndical imposé aux enseignes. Rien que ça ! Mais même de ce côté-ci de leur raisonnement rien ne tient debout. Un gros mensonge donc, une pure propagande.

Nous allions oublier un de leurs arguments, celui des étudiants contraints de travailler pour payer leurs études et donc « licenciés » par les syndicats qui leur refusent de travailler le dimanche ou à 23 heures sur les Champs-Elysées. Eh bien les mêmes altruistes devraient se pencher sur la récente étude des loyers étudiants dans les grandes villes européennes. Parmi les villes les plus onéreuses en Europe avec des loyers moyens supérieurs à 750 euros, Paris occupe la troisième place, avec un loyer de 740 euros, alors qu’un étudiant paiera un loyer 2,4 fois plus important à Paris qu’à Madrid et 1,9 fois plus qu’à Berlin. Ceux qui doivent se loger dans la capitale et qui n’ont pas trouvé de place dans une résidence étudiante ou dans une cité universitaire doivent débourser en moyenne 42% de plus que dans le reste de l’Union européenne. Ah mais où sont passés nos éditorialistes vedettes pour stigmatiser cette situation et regretter qu’un étudiant soit obligé de se plier à des horaires peu raisonnables pour couvrir son loyer ?

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